Sucre blanc et addiction

 « Le sucre tel que les industriels nous forcent par tous les moyens à consommer, c’est-à-dire ce produit extrêmement concentré et isolé de toutes les autres substances autres que caloriques (minéraux, vitamines, enzymes…) est plus proche du poison que de l’aliment. Le poison ne doit pas forcement se juger sur sa rapidité d’action, mais aussi sur les résultats qu’il engendre. En l’occurrence, le sucre, poison lent, parvient à détruire lentement et surement le corps et l’esprit de celui qui en consomme »


Le sucre ou la vie » Bruno Kleiner, Edition Lanore

Le sucre blanc se digère très rapidement, il franchit l’estomac en quelques minutes et est absorbé au niveau de l’intestin grêle.

1/ Troubles fréquents survenant à court terme après la prise de sucre, soulagés par une réabsorption de produit sucré :

  • Baisse d’énergie, somnolence
  • Besoin fréquent de manger du sucre ou féculents
  • Vue embrouillée, maux de tête
  • Besoin de se moucher ou d’éternuer
  • Transpiration, sueur dans le cou
  • Nausées, vertiges
  • Palpitations, tremblements
  • Courbatures, crampes
  • Insomnie, cauchemars, frilosité
  • Agressivité, nervosité, anxiété, irritabilité, indécision, peurs irraisonnées.

2/ Sur le long terme, les dégâts sont

  • Le diabète
  • Les maladies cardio-vasculaires
  • Les cancers
  • Affections du système glandulaire :
  • Thyroïde, glandes surrénales, pancréas, glande pituitaire…
  • Agressivité, troubles du comportement, troubles psychiques et mentaux : Avec les colorants, les glutamates, l’aspartame, le lactose et la caséine, les sucres peuvent également affecter notre santé psychique.
  • Addiction : effet décuplé lorsque de la graisse est ajoutée au sucre, combinaison qui n’existe pas dans la nature. Effet démontré par scanner, sur un patient à qui l’on fait consommer à la paille un milkshake sucré, et dont les zones du centre de l’addiction se colorent violemment dès l’ingestion.

 « Le goût sucré active en parallèle les différentes composantes de la neurocircuiterie de la récompense et de la motivation. En effet, chez l’homme comme chez la plupart des mammifères, le goût sucré active les neurones dopaminergiques, ce qui se traduit entre autres par une augmentation de dopamine. »

Tous dépendants au sucre

Cet événement serait responsable de l’attraction pour le goût sucré. En effet, toutes les drogues ont également pour effet d’augmenter la dopamine, bien que de manière plus intense et plus prolongée. Le goût sucré déclenche aussi la libération de peptides opioïdes ou « morphines endogènes ». Une fois libérés, ces peptides seraient responsables de la sensation agréable du goût sucré qui se manifeste chez l’animal comme chez le nouveau-né.

Enfin, chez l’homme, la neuro-imagerie fonctionnelle révèle que le goût sucré active le cortex orbitofrontal. Cette région du cortex préfrontal est également activée chez des sujets dépendants à la cocaïne après la prise de drogue ou en réponse à des stimuli conditionnés qui ont été associés dans le passé à la prise de drogue, par exemple, à la vue d’un rail de cocaïne ou d’une personne consommant de la cocaïne.

Syndrome de manque

Le goût sucré active donc la neurocircuiterie de la récompense et de la motivation qui est aussi la cible des drogues. Mais comment passe-t-on de cette activation cérébrale à un état supposé d’addiction au sucre ? Vraisemblablement en promouvant et en entretenant la consommation chronique et excessive de sucre. Chez l’animal, la surconsommation de saccharose ou de fructose peut conduire à un état de tolérance et de dépendance qui rappelle l’état de dépendance à l’héroïne ou à la morphine.

Dans une série d’expériences très convaincantes, Bartley Hoebel de l’université de Princeton, aux États-Unis, a montré que des rats sevrés après avoir été exposés plusieurs semaines à un régime riche en sucre présentaient un syndrome de manque caractérisé par un état d’anxiété couplé à une chute de la dopamine. L’anxiété liée au manque de sucre résulte d’une augmentation des neuropeptides du stress dans l’amygdale, une région cérébrale fortement impliquée dans les effets affectifs négatifs du manque de drogue.

En 2010, une équipe italienne dirigée par Rossella Ventura de l’European Center for Brain Research de Rome a montré qu’après exposition à du chocolat qui, bien que très sucré, ne contient pas que du sucre, des souris étaient capables d’endurer des décharges électriques pour en obtenir plus. Cela suggère le développement d’une consommation compulsive. Dans la même étude, les auteurs ont montré que la consommation compulsive de chocolat dépendait probablement d’une hyperactivité de la noradrénaline dans le cortex préfrontal. De manière intéressante, des effets similaires ont été observés après une exposition chronique à un régime riche en graisse suggérant que le goût sucré ne doit pas être seul mis en cause lire « Accros aux fast-foods », ci-contre.

Le goût sucré peut donc conduire à un état qui rappelle à certains égards l’addiction aux drogues. Et l’attraction pour le sucre ? Serait-elle aussi forte que celle exercée par les drogues dures ? C’est pour le savoir que nous avons cherché à comparer dans notre laboratoire le potentiel addictif du goût sucré à celui de la cocaïne chez le rat. Pendant plusieurs jours, des animaux ont eu le choix entre une boisson sucrée et une dose intraveineuse de cocaïne. À notre grand étonnement, la quasi-totalité des rats environ 90 % ont développé rapidement une préférence presque exclusive pour le goût sucré et ce quelle que soit la dose de cocaïne disponible. La préférence pour le goût sucré est apparue même chez des animaux déjà sensibilisés au préalable aux effets de la cocaïne après une exposition chronique à cette drogue. Nous avons reproduit les mêmes phénomènes avec l’héroïne, qui, comme la cocaïne, a un potentiel addictif élevé et une dangerosité importante.

Addiction potentielle.

En résumé, les recherches menées récemment chez l’animal indiquent que le potentiel addictif du goût sucré serait bien réel, voire plus important que celui des drogues. Tout le problème consiste à déterminer jusqu’à quel point on peut extrapoler cette réalité à l’homme. Selon moi, il est trop tôt pour se prononcer catégoriquement. Hormis les nombreux témoignages que j’ai mentionnés, la littérature médicale contient encore trop peu de cas avérés d’addiction au sucre.

Mais cette insuffisance de preuve n’est en aucun cas une preuve de l’absence du phénomène. Elle reflète plutôt le faible intérêt porté jusque-là au problème. Désintérêt qui est sans doute en grande partie lié à l’ubiquité du sucre et à son apparente innocuité. Reste à espérer que les recherches récentes menées chez l’animal suscitent cet intérêt et aboutissent à une meilleure appréhension de la réalité de l’addiction au sucre chez l’homme. Rappelons-nous l’histoire de la lente prise de conscience de la réalité de l’addiction au tabac. En attendant, on ne peut que conseiller aux personnes qui se sentent dépendantes au sucre et qui tentent en vain de s’abstenir de se manifester, sur Internet ou ailleurs, pour faire valoir leur réalité. »

Par Serge Ahmed          

Cette réalité est maintenant sur le point d’être reconnue. Bientôt on ne nommera plus cette maladie « gourmandise » ou « manque de volonté »

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