Peut-on stopper le baclofene après avoir guéri?

C’est une question qu’on m’a beaucoup posée et qui est légitime.

Avec mon recul de plus de 7 ans de « guérison », je commence à cerner une réponse. Tout d’abord, j’écris le mot guérison entre guillemet car je devrais trouver un terme pour dire soigner, un terme comme « soignaison » 😉 mais je n’ai pas trouvé ce terme. Je serai vraiment guérie le jours où je n’aurait plus de traitement.

L’addiction est considérée comme une maladie chronique. Une maladie chronique ne se soigne pas comme une infection ponctuelle, une angine etc. Il faut du temps.

Lorsque j’ai commencé le traitement en Avril 2012, j’étais dans un état misérable. Obésité morbide 110 kg, prédiabete, cholestérol, douleurs articulaires, lumbago, essoufflement…

Sans exagérer, je peux dire que c »était une question de vie ou de mort, même si ma mort n’était pas sensé etre imminente, je risquais chaque jour un AVC, une chute, et tous les troubles qui sont conséquence de la malbouffe, et ils sont innombrables, toutes les maladies « de civilisation ».

Dans ces conditions, mon instinct de survie a été le plus fort. Je me suis soignée. Et j’ai vécu une libération que je n’avais jamais osé rêver. Cette guérison m’a permis de voir ce que pouvait être la vraie vie, mes kilos ont commencé à partir, sans effort, juste parce que je n’avais plus de pulsions vers ces aliments délétères, et une alimentation équilibrée que j’appliquais depuis longtemps entre les crises.

Un an après, j’ai voulu redescendre le dosage du médicament. A 30mg, après être redescendue hélas un peu vite (je ne savais pas à l’époque comment faire), j’ai eu une petite rechute. C’était à Noël , lorsque j’ai vécu une émotion pénible (une simple petit agacement, mon petit fils qui m’avait un peu…. énervée) et ce jour la, j’ai eu BESOIN de manger des papillotes auxquelles j’étais « indifférente » jusque là. C’est la que j’ai compris que je devais remonter mon dosage. Ce que j’ai fait, à 70mg, pour retrouver cet état de sérénité face au sucre+gras.

Force était de constater que j’étais dépendante d’un médicament. Mais quel soulagement en parallèle! ma perte de poids (20kg sur les 40 que j’avais en trop), la fin de la lutte quotidienne contre les pulsions, un véritable apaisement, et plus d’effets secondaires que j’avais eu lors de la « montée » du traitement.

C’est alors que j’ai voulu comprendre POURQUOI j’avais eu ce problème de neurotransmetteurs gabaB. Il était déjà question des intestins, notre 2eme cerveau. J’ai commencé 3 années d’études en Naturopathie avec un intérêt particulier pour l’anatomie et la physiologie de notre système digestif. Comme un pressentiment!

Et mes recherches personnelles m’ont permis d’apprendre énormément de choses sur le microbiote intestinal. Il est impliqué dans toutes les maladies psychiatriques et comportementales.

J’ai décidé de suivre mon intuition et de mettre en application les informations recueillies pour réparer mon ventre, mon microbiote, que j’avais malmené pendant 50 ans.

Depuis 4 ans, j’ai effectué une transition alimentaire. Les effets bénéfiques sur ma santé sont indéniables, mes analyses sont parfaites et ma silhouette s’est allégée. Je suis encore à 30mg de baclofene. Peut être est ce une barrière psychologique, j’appréhende de descendre mais je me laisse le temps de la faire. Je n’ai rien à prouver.

Il faut bien savoir je je suis depuis plus de 30 ans également sous Levothyrox (sans que cela n’émeuve personne). J’ai été à 50µg de cette molécule pendant des années et j’ai depuis pu descendre progressivement à 37,5 et aujourd’hui à 25µg de Levothyrox, Ce que j’ai induit par ce changement dans mon alimentation produit des effets sur de nombreux symptômes que j’avais. Et ce n’est pas un hasard.

Voila pourquoi je pense qu’il doit être possible d’arrêter le baclofene à un certain moment, différent selon chaque personne, comme tout ce qui concerne le protocole de ce vieux médicament. Le jour où je l’aurai fait, je communiquerais sur ce sujet avec plaisir.

Et si je ne parviens pas à l’arrêter, je suis prête à l’assumer, pourvu que je reste dans cet état béni, sans cette maladie qui a gâché la moitié de ma vie.

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