Chirurgies bariatriques, grignotage, addictions

Le grignotage, ce sont des petites pulsions irrépressibles , sinon on ne le ferai pas, évidemment, on est bien conscients qu’il ne faut pas. Cela fait partie des enseignements que l’on reçoit dans le protocole pré-opératoire. C’est tellement une évidence… Si vous grignotez, vous regrossirez à plus ou moins long terme

Dans les opérations bariatriques , où on ne peut plus manger de grandes quantités (au début) , le grignotage est la première cause d’échec , de reprises de poids. Il faut soigner cette maladie si on la repère car il s’agit d’une addiction. Ce n’est pas un hasard si 20% de bypassés (chiffre des états unis) deviennent alcooliques. Quand on ne peut plus satisfaire les pulsions « bouffe », certains les compensent avec du liquide, de l’alcool etc.

https://www.revmed.ch/RMS/2016/RMS-N-511/Chirurgie-bariatrique-et-risque-accru-de-dependance-a-l-alcool

Même si une minorité des opérés bariatriques compensent par de l’alcool, la grande majorité ne vont pas vers l’alcool mais vers des aliments (sucré+gras+sel) très addictifs eux aussi. En petites doses tant que leur estomac encore traumatisé par l’opération ne leur permet pas les grandes quantités d’avant. Au bout de plusieurs mois ou années, le corps s’adaptera et l’addiction trouvera un nouveau chemin comme une rivière qu’on tente de détourner et qui se frayera un autre parcours.

Extrait: Transfert de dépendance de la nourriture vers l’alcool

La restriction alimentaire imposée par une chirurgie bariatrique ne permet plus de consommer des quantités importantes de nourriture en peu de temps (crises d’hyperphagie boulimique). Cette impossibilité rend difficile la compensation des émotions négatives par ce mécanisme. Goldschmidt et coll ont étudié des patients obèses présentant un trouble du comportement alimentaire sous forme d’hyperphagie boulimique et ont démontré que des émotions négatives précipitent très souvent une crise d’hyperphagie et, qu’à la suite de cette dernière, l’humeur des participants est généralement améliorée, entraînant un modèle de renforcement négatif. Après une chirurgie bariatrique, les patients peuvent sentir le besoin de chercher une autre source de compensation, comme l’alcool, qui peut être consommé plus aisément que la nourriture solide. Ce mécanisme de transfert de dépendance souvent suggéré ne permet cependant pas d’expliquer le risque variable de dépendance à l’alcool en fonction des différentes techniques chirurgicales. En effet, la restriction alimentaire est souvent plus importante avec un anneau gastrique qu’après un RYGB et cependant les études précédemment citées n’ont pas montré d’augmentation du risque de dépendance à l’alcool après cette chirurgie.

Il faut vraiment soigner cette maladie, ce trouble du comportement, qui est semblable à l’alcoolisme (l’alcool c’est du sucre aussi!) Car malheureusement, ce trouble est une contre indication aux opérations bariatriques (y compris l’endosleeve , bien que moins invasive)

Pour mon cas, j’ai eu l’anneau gastrique en 98 et même avec mon petit estomac, je me suis vue manger du chocolat et des glaces (tout ce qui fondait en fait!) en pleurant sur ce que j’étais en train de faire, j’aurai pu me gifler tellement je me sentais nulle de faire ça après tant de souffrance. Si j’ai investi dans une endosleeve maintenant, c’est uniquement parce que j’ai réglé ce problème d’addiction. Sinon, jamais j’aurai pris 4500€ de notre budget familial. J’avais compris que la taille de l’estomac n’était qu’une petite partie de mon problème.

https://csohn.chu-rouen.fr/wp-content/uploads/sites/44/2017/02/Troubles-du-comportement-alimentaire-apres-chirurgie-bariatrique-M-Taleb.pdf

Extrait de l’article ci dessus, du CHU de Rouen

Survenue de TCA après chirurgie bariatrique : mythe ou réalité ?

Le plus souvent, le TCA est préexistant à l’opération. Il est d’ailleurs souvent négligé, ou tenu caché par le patient lui même qui veut tellement son opération, mentira ou sera dans le dénie. Le TCA ne fait que reprendre son cours après l’épreuve chirurgicale, et une certaine période placébo ou l’opéré contrôlera ponctuellement son trouble (comme un alcoolique peut vivre quelques périodes d’abstinence)

•Différentes définitions et critères•

Deux sous-types –grignotage compulsif avec un degré de LOC, lutte et tentative de résister–grignotage non compulsif sans sentiment de LOC mais manger de manière non contrôlée

•Après chirurgie : repas planifiés et répétés dans la journée :–la nature planifiée de ce comportement le différencie du grignotage.

Prévoir de petites quantités de nourriture à plusieurs reprises tout au long de la journée

Excès alimentaire délibéré: Prévoir de petites quantités de nourriture à plusieurs reprises pour être en mesure de recevoir de grandes quantités de nourriture au total

Grignotage, sous-type non-compulsif « Mindless’ eating », manger distraitement de façon répétitive et manger tout ce qui est disponible « sur l’impulsion du moment ». Non prévu ni anticipé.

Grignotage, sous-type compulsif Essayer de résister, mais revenir en arrière de manière répétitive et manger de petites ou modestes quantités de nourriture. Non prévu ni anticipé.

Binge eating episode: Sentiment que l’on ne peut pas s’arrêter de manger après avoir commencé ou ne pas contrôler la quantité mangée. L’épisode se produit durant une période délimitée de temps plutôt que de façon répétée.(Objective) binge eating episode Sentiment que l’on ne peut pas s’arrêter de manger après avoir commencé ou ne pas contrôler la quantité mangée. Manger des quantités extrêmement importantes de nourriture durant un laps de temps court

•La suralimentation compulsive : similitudes avec les modèles d’addiction•Le BED partage les caractéristiques cliniques et les mécanismes biologiques avec les troubles addictifs–certains aliments activent les voies de la récompense (NeuroFAST, 2013)–aucune preuve qu’un aliment spécifique provoque une addiction (exception : caféine ).

Autres comportements alimentaires problématiques

•Une variété d’autres EBs et habitudes alimentaires chez les patients en pré-opératoires :–manger quand ils n’ont pas faim, –manger après la satiété, –sauter le petit déjeuner, –manger dans les restaurants fast-food –boire de grands volumes de boissons caloriques –manger de grandes quantités d’aliments semi-liquides –Difficile de tirer des conclusions sur ces comportements et l’influence sur les résultats pondéraux post-opératoire

Comportements compensatoires

•Vomissements épisodiques fréquents en post-op spontanés ou provoqués :–Intolérances alimentaires, manger trop vite, ne pas mâcher suffisamment ou en cas d’inconfort– plus tard faciliter les vomissements pour contrôler leur poids .

•Le dumping : peut causer une diarrhée excessive•Laxatif et l’utilisation abusive diurétiques

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