L’obésité et les médias

Je suis outrée par la manière dont ce sujet délicat est traité par nos médias et en particulier la télé. Il n’y a plus aucune restriction à parler des chirurgies bariatriques. Lorsque l’obésité est le sujet, les personnes interviewées sont soit opérées soit s’en sont sorties « seules’, par la volonté, c’est très vendeur aussi, les héros, surtout s’il est clair qu’ils vont rechuter. Comme dans l’alcoolisme , on nous explique que les rechutes font partie du parcours « normal ».

https://www.france.tv/france-2/ca-commence-aujourd-hui/1276189-obesite-ils-ont-voulu-maigrir-en-famille.html

Dans cette émission, trois familles invitées. C’est la dernière famille, une maman (opérée, ) et sa fille de 18 ans (pas encore opérée) qui m’a le plus touchée. La maman a perdu beaucoup de poids grâce à une sleeve mais souligne que le problème reste toujours présent, l’addiction, et que sa lutte est permanente pour maintenir ce résultat, et elle avoue hélas être en légère reprise de poids. La fille, elle, est toujours en grande obésité, explique que plus petite, elle avait cette idée que finalement c’était pas grave de manger et grossir, puisque de toutes façons, elle pourra se faire opérer plus tard.

Se faire mutiler, couper une partie de l’estomac (sleeve) ou carrément le court-circuiter (bypass), avec les conséquences que cela implique, de souffrances, de carences, semble être LA solution privilégiée et « politiquement correcte » pour les médias. Le seul écueil qui est souligné, c’est le manque d’accompagnement de ces chirurgies.

Quel est l’accompagnement qui est proposé pour les chirurgies bariatriques???? nutritionnistes et psy. Retour à la case départ, puisque c’est déjà le parcours obligé de tous les obèses, le plus souvent depuis leur enfance.

Lorsque j’accueille de nouveaux membres dans mon groupe FaceBook « Hyperphagie, boulimie, addiction,obésité, naturopathie et allopathie » c’est la première chose qu’on y raconte. Chacun(e) confie le nombre de thérapies, de psy, d’hypnose, de diététiciens et de nutritionnistes, qu’il a consulté dans la vie.

Sans parler des inavouables kinésio, EMDR, EFT, magnétisme, sophrologues, acces bar, coachs en neurosciences, Dukan, Comme j’aime, WW, salles de sport en Septembre, crèmes à mettre la nuit (sentez vous le vécu dans mes mots) ?

J’ai moi même eu recours dans mes 30 ans de parcours du combattant, à l’anneau gastrique. Enlevé en urgence 4 mois après, alors que je commençais déjà à reprendre du poids après une perte de poids d’une rapidité effrayante (je vomissais tout, surtout les crudités et la viande blanche, un comble)

Toutes ces personnes sont des poules aux œufs d’or désignées. Elles luttent contre leurs pulsions alimentaires comme on écoperait le fond d’un bateau qui prend l’eau. Mais avec une petite cuillère. Tout simplement parceque il reste admis que l’addiction est une maladie psychologique.

Lorsque je suis sortie de l’enfer de l’hyperphagie grâce à la béquille qu’à été le Baclofène, j’ai compris qu’il allait falloir se battre pour faire reconnaitre la véritable nature de cette maladie. Elle est physiologique, neurologique et pas psy. Seuls les gens qui la vivent finissent par pouvoir admettre qu’il ne s’agit pas d’un trouble psy. A force de tenter des thérapies, de dépenser des centaines ou des milliers d’euros à parler d’un évènement qui a eu lieu (ou pas!) dans son enfance, et rechuter, on finit par se croire réellement nul et incapable. Cela peut étrangement finir par ressembler à une dépression d’ailleurs!

Bien sur, cette approche médicamenteuse comporte des inconvénients. Elle nécessite elle aussi un suivi sérieux, le recours à un médecin formé à ce protocole particulier et SURTOUT expérimenté. Comme pour un parcours bariatrique!

Pour cela, il faudrait commencer par autoriser son utilisation dans de bonnes conditions au lieu de tenter de l’étouffer « comme s’il gênait » !

Le résultat qu’on obtient lorsqu’on atteint son dosage seuil, est celui que peut ressentir la personne qui était en train de se noyer et qui trouve une bouée de sauvetage. On peut respirer…. on peut souffler….enfin! C’est cette sensation de répit qui permet enfin, sur le long terme et en toute sérénité, de régler LA cause de cette maladie (un dysfonctionnement des neurotransmetteurs gabaB dans le circuit de la récompense, voir mes articles sur ce sujet). Et cette cause est physiologique , pas psychologique. Il va falloir ensuite profiter de cette guérison pour soigner et réparer son microbiote intestinal, ainsi que son contenant, les intestins, notre 2eme cerveau.

Parmi les sleevées et bypassées, combien regrossiraient si elles n’avaient plus les pulsions malbouffe, l’addiction ? Il suffit d’aller sur les groupes FaceBook « Reprise de poids après sleeve et bypass » pour y lire le désespoir de ces gens (surtout des femmes) qui après de très grosses pertes de poids, se voient regrossir inexorablement tout en se détestant d’être aussi faibles devant un pot de nutella.

Si l’addiction à ces non-aliments était soignée avant que l’obésité ne s’installe, combien de personnes auraient besoin de ces chirurgies lourdes, douloureuses, dangereuses et couteuses?

Mais quel est le poids de ce vieux médicament de plus de 50 ans, générique, remboursé et qui coute une misère, par rapport aux intérêts financiers en jeu dans les chirurgies, les industries agro alimentaires, qui vendent leurs poisons sucrés, en toute légalité, à grand renfort de publicité.

La révolution passera par la base…. par nous patient(e)s qui souffrons, payons, consultons, consommons et qui commençons à nous réveiller.

Après avoir perdu la première moitié de mes 40 kilos superflus, grâce à la fin de l’addiction, il n’est plus resté alors à régler qu’une dernière chose: 40 ans de crises d’hyperphagie ont laissé des séquelles, mon estomac dilaté ne me signalait plus la satiété. Je mangeais très sainement mais toujours un peu trop en quantité. J’ai eu recours à une Endoplicature (endosleeve), quelques points qui ont réduit de l’intérieur, la taille de mon estomac, sans le couper, sans souffrances, sans opération lourde ni cicatrices. Aujourd’hui la boucle est bouclée, je n’ai plus peur de regrossir car j’ai soigné l’addiction, qui me poussait à manger comme boit l’alcoolique. J’ai un estomac de taille « normale » qui sait me dire « stop » et désormais je sais l’entendre et respecter sa directive. Le bonheur!

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