Le GABA, une molécule qui supprime les pensées indésirables

Acronyme de acide gamma aminobutyrique, le GABA est un acide aminé neurotransmetteur que l’on retrouve en abondance dans le cerveau. Ce composé chimique naturel a des vertus calmantes et tranquillisantes.

Mais n’allez pas vous jeter sur les compléments alimentaires GABA,

Comme la molécule de GABA ne peut pas traverser la barrière hémato-encéphalique, son action de neurotransmetteur ne peut être due qu’au GABA libéré in situ par les neurones et le microbiote et pas par celui apporté par l’alimentation ni une complément alimentaire.

Le microbiote

Les bactéries sont capables de communiquer avec le cerveau en synthétisant des neurotransmetteurs (voie nerveuse), neuropeptides (voir endocrinienne), métabolites (voie sanguine). Dans un état d’équilibre les bactéries nous aident et sont bénéfiques. Certaines synthétisent de la sérotonine, du gaba ou encore de la mélatonine. Mais lorsque le microbiote est perturbé et qu’une malabsorption s’installe certaines populations de bactéries pathogènes prolifèrent et entravent la production normale de sérotonine. C’est le cas des bactéries de la famille des firmicutes impliqués dans la production de méthane.

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Avez-vous déjà eu envie d’arrêter de ruminer vos idées noires sans y parvenir ? Des scientifiques britanniques ont trouvé que les personnes ayant le plus de Gaba dans une région du cerveau arrivent mieux à bloquer les pensées indésirables.

Maintenant , il est facile de faire le lien entre ces idées noires qui mènent à la dépression (ou en sont un symptôme) et l’anxiété, le mal-être dont souffrent les personnes qui compensent par la nourriture, (d’autres avec de l’alcool ou un autre plaisir), les addicts!

La dépression, symptômes et traitement ?  La dépression est une maladie de plus en plus fréquente, qui ne doit pas être confondue avec des moments de tristesse normaux lors des évènements tristes de la vie.

Pour se sentir « bien dans sa tête », il est essentiel de pouvoir se libérer de pensées négatives. Les souvenirs intrusifs ou les images chocs que l’on ne peut pas bloquer dans son esprit, les hallucinations, les soucis récurrents sont fréquents dans divers troubles psychiatriques : le stress post-traumatique, la schizophrénie, la dépression, l’anxiété…

Les scientifiques pensent que l’incapacité à bloquer ces pensées indésirables reflète un manque de contrôle du cortex préfrontal. Mais cette incapacité pourrait aussi être liée à une hyperactivité de l’hippocampe, une région du cerveau importante pour la mémoire. En effet, le stress post-traumatique et la dépression s’accompagnent souvent d’une hyperactivité de l’hippocampe. Mais quel dysfonctionnement pourrait expliquer que certaines personnes n’arrivent pas à bloquer leurs idées noires ?

Le Gaba bloque les souvenirs indésirables dans l’hippocampe

Les chercheurs ont suivi l’activité cérébrale des participants par une IRM fonctionnelle et une spectroscopie par résonance magnétique. Ils se sont alors aperçus que les personnes qui avaient le plus de Gaba dans l’hippocampe réussissaient le mieux à bloquer des pensées indésirables.

Le saviez-vous ?

Le Gaba (acide γ-aminobutyrique) est un neurotransmetteur inhibiteur du cerveau : quand il est libéré par un neurone au niveau d’une synapse, il inhibe l’activité du neurone suivant.

Il intervient dans de nombreux processus physiologiques comme la mémorisation, le sommeil ou la dépendance aux drogues. Véritable frein pour la transmission de l’influx nerveux le GABA servirait entre autres à contrôler la peur ou l’anxiété qui se manifeste par une surexcitation neuronale. https://www.psychoactif.org/psychowiki/index.php?title=Baclof%C3%A8ne_dans_le_traitement_de_la_d%C3%A9pendance_%C3%A0_l%27alcool

Ainsi, il apparaît qu’un dysfonctionnement du système GABAergique est à l’origine de nombreux troubles du système nerveux. Alors qu’une hyperactivité de ce système est associée à la schizophrénie, une hypoactivité peut provoquer des crises d’épilepsie, d’anxiété, des états dépressifs ainsi que des troubles du sommeil.

Ces résultats suggèrent que les neurones de l’hippocampe qui libèrent du Gaba contrôlent les pensées intrusives et que l’hyperactivité de l’hippocampe peut provenir d’un dysfonctionnement de ces neurones. Les neurones qui libèrent du Gaba dans l’hippocampe sont des interneurones Gaba-ergiques en contact avec des centaines de neurones ; ils sont connus pour jouer un rôle dans l’apprentissage et l’intégration d’informations. Certaines études mettent en évidence un lien entre production déficiente de nouveaux neurones dans l’hippocampe et dépendance. https://presse.inserm.fr/vulnerabilite-a-laddiction-une-mauvaise-production-des-nouveaux-neurones-en-cause/30818/

Cette découverte pourrait aider à mieux comprendre certaines pathologies, comme la schizophrénie le stress post-traumatique où les patients ne peuvent s’empêcher de ruminer leurs pensées et peut être même l’addiction dont le premier symptôme est l’anxiété, l’angoisse etc qui poussent à tenter de trouver un « calmant » se trouvant être souvent, le sucre (ou le mélange sucre+gras encore plus addictif), l’alcool ou un autre « plaisir ».

Elle pourrait aussi permettre de trouver de nouvelles approches pour traiter ces troubles : il faudrait pour cela améliorer l’activité du Gaba dans l’hippocampe des patients.

Cette étude paraît dans Nature Communications.

Ce qu’il faut retenir

  • La rumination et les pensées négatives persistantes sont des symptômes associés à des maladies psychiatriques comme la dépression ou la schizophrénie.
  • Le Gaba semble bloquer les pensées indésirables.
  • Une nouvelle piste thérapeutique consisterait à augmenter l’activité de ce neurotransmetteur dans l’hippocampe.
  • Le baclofène: Le Baclofène est un agoniste spécifique des récepteurs GABA-B utilisé dans les contractures spastiques (cf AMM). Toutefois les récepteurs GABA-B joueraient également un rôle dans l’anxiété, la dépression et les conduites addictives, ce qui étend évidemment les potentielles indications thérapeutiques du Baclofène. Ils ont aussi notamment un rôle dans la douleur et dans le fonctionnement des systèmes sérotoninergique et dopaminergique.
  • Le baclofene passe la barrière hématoencéphalique
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