Irène, prenez-vous toujours du baclofene ?

Ou l’avez-vous pris juste un temps ?

Voila une question que l’on me pose souvent et qui nécessite un développement.

Tout d’abord, chaque personne aura un vécu différent du traitement, pendant et biensur après.

Mais voila le mien:

Lorsque j’ai commencé le baclofene en Avril 2012, la seule chose que je voulais, c’était de ne pas mourir dans mon obésité morbide, à n’importe quel prix. J’ai guéri (été soigné) à 110 mg avec ce traitement, j’ai rencontré la sérénité avec la nourriture. J’ai « conforté » cet état, selon les recommandation de ma doc, à 120mg. Puis , (hélas un peu trop rapidement) j’ai commencé à redescendre le dosage, car il y a 8 ans, on en savait pas autant qu’aujourd’hui. Lorsque en quelques semaines, je suis arrivée à 30mg, environ 1 an 1/2 après la guérison, un événement insignifiant s’est produit (mon petit fils de 5 ans qui m’avait un peu agacée), c’était les vacances de Noël et il y avait des papillotes qui restaient , qui jusque là ne m’appelaient pas, j’ai eu subitement envie, besoin, d’en manger pour compenser cette émotion un peu désagréable.

J’ai alors compris, que j’étais descendue trop bas, et qu’il me faudrait remonter. A 70mg j’ai retrouvé cet état de guérison . Alors j’ai fait l’état de lieux:

En 1an et1/2 j’avais perdu sans souffrir, 20 des 40 kilos que j’avais en trop.

A 70mg, je n’avais plus d’effets indésirables du baclofene

J’étais dépendante d’un médicament, peut être à vie, difficile à dire. Mais peu importe, il était hors de question de perdre cette nouvelle qualité de vie, cette sérénité au quotidien, le fait de ne plus avoir à combattre chaque jour… et si j’avais décidé de stopper alors le médicament, je serai redevenue comme avant.

De la même façon, j’étais déjà avec un autre médicament, à vie, le Lévothyrox pour une thyroïdite de Hashimoto (maladie auto immune) et que j’avais accepté.

Mais dans ma nature, il y avait déjà la naturopathie 🙂 Prendre un médicament de plus ne m’enchantait pas. C’est alors que j’ai décidé de commencer à vouloir comprendre les causes réelles de ma maladie de neurotransmetteurs gabaB. Par mes 3 années d’études en Naturopathie (il y a une très grande part d’anatomie et de physiologique) , j’ai appris l’origine, la cause: si vous suivez mes publications, vous la connaissez: le microbiote intestinal.

Depuis je suis redescendue très lentement à 30mg, dose à laquelle je suis toujours et qui représente un peu ma barrière psychologique. J’ai juste la trouille de descendre encore. Ces 30 mg, c’était là où j’avais rechuté.

Depuis plus de 4 ans pourtant, j’ai changé complétement ma façon de manger, j’ai certainement depuis longtemps réparé mon microbiote avec des compléments etc. Je pense que je vais pouvoir continuer ma descente dans les mois qui viennent. Mais je ne suis absolument pas pressée.

L’addiction est une maladie chronique, le traitement doit être maintenu longtemps et pour certains peut être (ceux qui ne profiteront pas de la guérison pour réparer LA cause, microbiote) , une dose moyenne de baclo sera peut être nécessaire très longtemps ou à vie. Comme c’est le cas chez beaucoup d’alcooliques soignés au baclo qui eux, ne sont pas au courant de cette histoire de microbiote.

Comme toujours, le parcours avec le baclofene est complétement personnel. Le votre ne ressemblera pas au mien, ni à celui de personne. Il va dépendre de la façon dont votre organisme réagira à la molécule, de ce que vous avez comme informations sur toute la partie microbiote, 2eme cerveau, de votre prise de conscience sur l’obligation de changer votre alimentation une fois sorti de l’engrenage addiction.

Le baclofene n’est qu’une béquille, une béquille génialissime, mais qui ne fera pas tout. Personne n’ira acheter 30 kilos de légumes par semaine à votre place 🙂 (c’est notre dose pour 2 dont mon homme, gros mangeur )

L’addiction se soigne, le reste , c’est vous, c’est moi!

Je ne suis pas guérie de mon hypothyroïdie, je suis soignée avec du levothyrox. Dois l’arrêter par peur d’être dépendante à cette molécule, ou risquer que ma thyroïde me lâche? Pour ma part, ce qui m’inquiétait le plus c’était de redevenir obèse morbide, avec un prédiabète, du cholestérol, des douleurs articulaires terribles, l’incapacité de marcher plus de 100m sans être essoufflée, ou de ne plus pouvoir imaginer le regard de mon chéri sur mes énormes fesses quand il me faisait ‘amour. Pardon d’être crue, mais il faut bien comprendre la diversité des conséquences de notre maladie. Tout le monde n’a pas de surpoids à perdre surtout chez les BV, mais les conséquences sont tout aussi dramatiques et elles le savent. Alors à chacun de voir où il en est dans sa vie avec cette maladie. C’est une maladie chronique, comme il en existe d’autre.

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