Doit-on « priver » nos enfants?
Un article qui fait réfléchir!

Voici un vaste sujet qui a été évoqué dans mon groupe de discussion sur Facebook:

« J’ai fait un sevrage du sucre il y a quelque temps et je n’en ai tiré que du positif. Seulement voilà, j’ai peur qu’en restreignant la consommation de sucre de ma fille( bonbons et gâteaux confondus), je développe en elle des fixettes, voire des tca.
Je me dis qu’elle se régulera par elle même à l’âge adulte.
Je fais bien? « 

Hélas, l’addiction commence la plupart du temps très tôt. Il y a de grandes chances que cette enfant qui mange depuis toujours des bonbons et des gâteaux ait déjà cette maladie. Surtout si sa maman en souffre elle même. Et ce n’est pas un problème comportemental mais bien une maladie neurologique, physiologique, on l’a vu, et qui prend sa source dans le déséquilibre du microbiote intestinal, en partie reçu de la maman à la naissance, mais aussi acquis pendant les 3 premières années de vie. En consultation, je pose toujours des questions pour définir la façon dont la personne a été élevée: avec des restrictions dans son enfance? une surveillance? ou bien aucune restriction?

Et depuis 3 ans, j’ai pu faire des statistiques sur le sujet. Cela n’est absolument pas lié. Si l’enfant a cette maladie , c’est le plus souvent, dès le plus jeune age, voire même dès la naissance (ce fut mon cas) et quelle que soit l’attitude des parents vis à vis des pulsions visibles de l’enfant vers la malbouffe, cela ne changera rien à l’avenir. Peut être que cela limitera l’obésité de l’enfance mais le jour où l’enfant (l’ado) aura de l’argent , s’il a cette maladie neurologique, il assouvira ses pulsions d’une façon ou d’une autre. Chaque parent fait au mieux, avec sa propre histoire, selon qu’il ait ou pas cette maladie…

Si l’on constate chez son enfant une « gourmandise » un peu trop marquée, des demandes de certains aliments gras et sucrés, parfois même hors gouter, dans les magasins, ou après une pub, on peut se dire que tout cela se régulera à l’âge adulte. Mais si vous lisez cet article , c’est peut être justement parceque vous même avez été comme ça, et vous êtes rendu compte que NON, cela ne s’est pas arrangé avec le temps, mais au contraire aggravé. Personne ne peut prédire l’avenir.

L’alimentation à la maison aux repas, est de la plus haute importance, surtout pendant les 3 premières années lorsque le microbiote intestinal se forme. Apprendre aux enfants à consommer dès leur plus jeune age des crudités (meilleure façon de se construire un microbiote équilibré et diversifié) en quantité suffisante et surtout très varié, ne pas se contenter de quelques carottes, tomates et concombre en été!

L’attitude la plus raisonnable à adopter, à mon avis, c’est de définir les espaces de consommation. La maison devrait être un sanctuaire. Personne ne souhaite faire entre chez lui, un « méchant ». On se protège des voleurs, des assassins etc alors pourquoi permettre à la malbouffe qui nous abime, nous blesse de l’intérieur, d’entrer dans nos murs? Les publicités habiles des industriels nous font croire que leurs produits sont inoffensifs, sont une première intrusion à la maison. A défaut de les éviter, il faut au moins les expliquer en détail. Expliquer la manipulation à laquelle on doit tenter d’échapper, au même titre que nous expliquons à nos enfants, l’écologie, l’éthique, etc

Cela ne signifie pas priver l’enfant. Mais lui expliquer qu’il faut réserver certains (non-) aliments à des occasions, à l’extérieur. Qu’ils les consomment sans culpabiliser, avec l’accord de Maman bien-sur (pour ne pas diaboliser la chose) lorsqu’ils sont invités chez les copains, anniversaire etc

Pour commencer il faut leur expliquer la physiologie des primates, dont nous faisons partie:

Croire qu’éviter de les priver, leur évitera les frustrations donc un trouble alimentaire, est un leurre. Le plaisir peut aussi se trouver dans des aliments adaptés à notre alimentation spécifique de primates humains et non humains. C’était même la base de notre instinct animal. Cet instinct que les humains occidentaux ont perdu ou enfoui.

Alors on leur explique que l’amour ne passe pas par offrir des gâteaux, des burger, des pains au chocolat au gouter…. Mon petit fils sait très bien que ce n’est pas une punition s’il n’y a pas de kinder chez moi. Il a découvert le plaisir de manger des mulberries (mais aussi dates, les délicieuses petites figues , ces fruits secs dont le gout ressemble au caramel (c’est lui qui le dit!) et qui lui donnent de l’énergie au gouter sans déclencher d’hyper puis hypoglycémie. Sans oublier les fruits frais, en priorité même. Pommes coupée en quartier, bananes pour les plus simples à emporter, mais si Maman y pense, raisin, kaki persimon, et tout fruit de saison évidemment. Il faut leur faire redécouvrir et régulièrement, et surtout ne pas proposer d’alternative car s’ils ont le choix, ils iront certainement vers le plus sucré, vers leurs habitudes.

Mes « gouters bons pour le ventre » Voila ce que mon petit fils mange à 16h lorsqu’il est en vacances chez moi. Pomme banane, oléagineux, graines de lins, écorces d’oranges confites, un peu de chocolat noir 70% concassé. Je lui rajoute toujours quelques quartiers de pomme, pour se rincer la bouche.
Un peu caricatural, mais très parlant et hélas très réaliste. Lorsque j’ai expliqué à mon petit fils de 5 ans à l’époque (il en a 10 aujourd’hui) , les effets de notre alimentation sur notre ventre, je lui ai montré cette image. C’est lui qui m’a demandé de mettre sa tête sur le corps du monsieur qui a le ventre propre. On m’a dit que cette photo pouvait induire de la grossophobie. Il va de soi qu’il faut bien expliquer aux enfants en parallèle. Il ne s’agit pas de se moquer, mais de comprendre les implications et les répercussions de nos choix alimentaires.

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